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Accompagner Mathieu

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Catherine Rouxel

jeudi 25 octobre 2007

Introduction

Educatrice spécialisée, j'interviens depuis 1990 dans un Service d'Accompagnement à la Vie Sociale (SAVS) dans la Drôme, en direction d'adultes reconnus travailleurs handicapés par la Commission des Droits et de l'Autonomie des Personnes Handicapés ( CDAPH ex COTOREP ).

Je pourrais en quelques mots résumer mon travail: aider à construire des ponts, des passerelles ; ensemble, trouver, inventer de possibles passages, des liens, avec chacune de ces personnes, singulière, unique et le monde ordinaire, les Autres, les limites. C'est entre ces deux rives qu'advient la vie sociale, dans une réalité investie.

Ecrire « Accompagner Mathieu », le texte qui suit, est le moyen que j'ai trouvé pour résister à la vague juridico-gestionnaire qui semble vouloir nous entraîner dans de vains dédales procéduriers et nous détourner loin de notre fonction première, éduquer, parler, créer...

C'est ma réponse, le chemin que j'ai décidé de prendre afin de souffrir moins tout d'abord et pour réfléchir, avancer, partager.

Comme certains d'entre vous sans doute, j'ai traversé une crise professionnelle violente ne sachant plus mes repères, ayant perdu le sens profond de mon travail, doutant de ce que je croyais être mes bases, mon assise. Ce n'était pas le doute bienfaiteur qui jalonne notre parcours et nous conduit à de salutaires remises en question, c'était un véritable découragement.

J'ai ressenti le vide dans les tentatives de cadrage total des « USAGERS », comme on dit, une volonté de tout maîtriser (les démarches qualité en témoignent), de tout verrouiller.

Pour résister, j'ai rejoint le groupe Rhône-Alpes du Mouvement pour l'Accompagnement et l'Insertion Sociale (M.A.I.S)où je rencontre tous les mois d'autres professionnels de SAVS pour des échanges et la préparation du colloque d'Aix les Bains en juin 2007(thème: Espaces de résistance et de création dans l'accompagnement). Pour réfléchir, avancer, et ne pas perdre de vue l'essentiel, je participe à un groupe volontaire et pluridisciplinaire de supervision. Avec une psychanalyste nous travaillons particulièrement sur le repérage et l'analyse du transfert et contre transfert dans notre pratique.

Parler de mon travail avec des mots, mes mots, sortir des cases, casser les grilles, retrouver le goût

d'apprendre, le plaisir de se confronter, de rencontrer, de construire des ponts.

Winnicott, dans un de ses ouvrages, parle de la marche qui pourrait être décomposée en nombre de pas, réellement, c'est possible, certains psychotiques le font comme un redoutable moyen de défense contre la vie psychique. On voit alors que la fonction humaine de la marche est atteinte, l'imaginaire, le symbolique sont forclos au profit de la seule Réalité. C'est la robotisation, la mort du sens et de la poésie.

C'est cette métaphore qui me paraît se rapprocher au plus près de ce que nous vivons aujourd'hui dans nos institutions: on nous demande de compter nos pas.

Il est temps de trouver, d'inventer, de créer des instances comme celle ci, où dire non, Charles Melman, psychiatre, psychanalyste, auteur de L'homme sans gravité écrit :

« Le sujet a ainsi perdu la place d'où il pouvait faire opposition, d'où il pouvait dire: « Non! Je ne veux pas », d'où il pouvait s'insurger: « Les conditions qui me sont faites, ne sont pas acceptables pour moi, je ne marche pas ». Ce sujet là manque en tout cas de ce qui était la place d'où pouvait surgir la contradiction, le fait de pouvoir dire non.

Or, aujourd'hui, le fonctionnement social se caractérise par ceci, que ceux qui disent « Non! » le font en général pour des raisons catégorielles, ou corporatistes. La position éthique traditionnelle, métaphysique, politique, qui permettait à un sujet d'orienter sa pensée face au jeu social, face au fonctionnement de la Cité, eh bien, ce lieu semble remarquablement faire défaut. »

Travail éducatif, travail de soin:complémentaires et / ou opposés.

La semaine dernière je téléphone à l'hôpital pour un rendez vous en psychiatrie avec une personne que j'accompagne. Il n'y a pas de crise, mais elle se plaint régulièrement d'angoisse et de « stress », et je l’ai encouragée, en lien avec son généraliste, à consulter le secteur psychiatrique .

Mais la secrétaire nous répond qu'il n'y a plus de rendez vous initial possible, que le service est à peine en mesure d'assurer les soins de ses propres patients ...elle me demande, me supplie serait plus juste, de dénoncer cette situation auprès de la direction .

Alors comment, dans un tel contexte, pourrons nous parler encore de complémentarité et nous interroger sur la question de la qualité d'une éventuelle collaboration entre travail éducatif et travail de soin ?

De même ne peut-on pas s'inquiéter des effets , voire des intentions de la récente notion de « handicap psychique » qui désigne aujourd'hui officiellement les malades mentaux d'hier ?

Quels soins ?

Quel espoir de guérison pour des personnes handicapées ?

La psychiatrie ne prend plus en charge que des personnes en situation de crise et dans mon secteur, l’attente est longue pour être suivi en ambulatoire par le CMP.

C'est cette réalité d'aujourd'hui qu'il convient de ne pas se masquer, qui me mobilise et me pousse à vous livrer ce témoignage.

ACCOMPAGNER MATHIEU

« Quand on a mission d'éveiller, on commence par faire sa toilette dans la rivière ,le premier enchantement comme le premier saisissement sont pour soi. "

C'est un extrait du recueil Les Matinaux de René Char. Cette phrase s'est imposée à moi lorsque j'ai entrepris ce travail, alors je vous la livre, comme une introduction poétique.

J'ai choisi de vous parler de Mathieu ou plutôt de ma rencontre avec lui dans le cadre du SAVS(service d'accompagnement à la vie sociale)de l'ADAPEI et du chemin parcouru jusqu'à aujourd'hui.

Lorsque je l'ai rencontré pour lui en demander l'autorisation, il m'a dit « pourquoi moi » ? Je lui ai répondu que je trouvais son évolution suffisamment remarquable pour servir de témoin et peut-être d'outil à d'autres alors, il m'a fièrement donné son accord.

Je vais essayer de dégager certains aspects de la spécificité de la rencontre avec une personne psychotique et de l'accompagnement qui peut être réalisé par nos Services. C'est cette facette que je vais éclairer aujourd'hui laissant d'autres aspects dans l'ombre.

Notre première entrevue a lieu en novembre 2000 au local qui me sert de bureau dans la petite ville de T...

Nous sommes là à l'attendre avec le Chef du Service d'accompagnement et l'assistante Sociale de l'hôpital psychiatrique venue nous présenter Mathieu.

Le Service psychiatrique dit, je cite « qu'il a de grosses difficultés dans la gestion du quotidien ».

En l'attendant, l'A.S .nous raconte que Mathieu a 28 ans, qu'il vit dans un appartement personnel depuis l'été 99

.

Il a un travail depuis 93 dans un Centre d'Aide par le Travail(CAT), a fait plusieurs tentatives difficiles en foyer avec hospitalisations régulières en Service psychiatrique jusqu'à une tentative de suicide en 99 qui le conduit en hôpital de jour, puis en appartement thérapeutique où des capacités à vivre en dehors d'une structure collective sont repérées d'où l'appartement individuel et sa réintégration au CAT.

Il bénéficie d'un suivi par le Centre Médico Psychologique( CMP )de la ville avec entretiens infirmiers ; Sur le plan purement médical il a une injection de neuroleptique retard tous les mois, il adhère à cette prise en charge.

Sur le plan administratif et financier il a une curatelle avec gestion exercée par une association tutélaire.

A la façon dont l'assistante Sociale semble peu à l'aise en présentant cet itinéraire, je pressens l'euphémisme de ses propos.

C'est un soir d'automne, 17 h 30, avec une bourrasque de vent il déboule dans le bureau directement de la rue. Il crie, il hurle d'une voix stridente, enfantine, forte avec un débit précipité, rythmé par une respiration saccadée, il fait des gestes, je ne comprends pas ce qu'il dit. Je m'étais levée pour l'accueillir mais je reste un moment saisie par cette apparition : il est hirsute, la tignasse châtain clair en bataille, il n'est pas rasé, derrière les lunettes, le regard est empreint de terreur.

La chemise sort du pantalon qui n'est pas boutonné, le pull est troué, l'anorak trop grand tombe le long des bras.

Il gesticule, je pense à un épouvantail mais c'est lui qui semble épouvanté. Ses propos sont violents, je discerne mort, accident, tué, violence... Il reconnaît l'assistante sociale qui me rejoint vers lui et nous présente.

Une fois calmé et assis, lorsque nous évoquons sa situation (après les présentations d'usage du Service et de son fonctionnement) il dit qu'il est là car il veut être compris. « Personne ne m'entend, je n'obtiens rien... » sera réitéré à plusieurs reprises au cours de cette première rencontre et longtemps encore après.

Il raconte parfaitement son itinéraire de vie avec les dates, abandons, placements en foyers, familles

d'accueil, fugues, hospitalisations…

Il évoque ce qu'il a subi comme violences, mauvais traitements. Ses propos deviennent chargés d'une grande violence lorsque nous abordons la question de son emploi actuel ainsi que celle de la relation avec sa curatrice.

Il veut mettre une bombe au CAT. Il veut tuer le directeur ainsi que sa curatrice.

D'un geste radical du bras il signifie que ces personnes doivent disparaître.

Mais je me souviens de ce moment où lors d'un échange de regard, je perçois chez Mathieu une lueur qui me dévoile de lui autre chose que la folie brutale qu'il nous montre. Une rencontre possible ou le résultat de ma propre imagination ? ...

La deuxième rencontre a lieu la semaine suivante à son domicile avec cette fois sa curatrice et

l'Assistante sociale de l'hôpital. Il ne nous fait pas asseoir, il n'y a pas de chaises pour nous.

La violence qui me saisit et me gagne au fur et à mesure de ma découverte, c'est celle de l'abandon, de la déchéance dans lesquels Mathieu se trouve, c'est celle de l'insalubrité de son lieu de vie (non vie), odeur de moisissure mêlée au tabac froid, murs noirs de crasse et de nicotine, évier dégoulinant de saleté, table encombrée de détritus et lui au milieu, comme une bête en son terrier.

Il me montre son lit, cassé en deux depuis plus de 6 mois me dit-il « personne ne m'entend ... » !

La curatrice, très rigide, sur la défensive semble ne pas prendre la mesure de la situation. Tout en m'expliquant que Mathieu est quelqu'un de très attachant (sic), elle lui parle sur un ton autoritaire des économies qu'il faudra réaliser sur le chauffage !

Ce que je réalise moi alors, c'est que la folie est bien présente avec la violence mortifère qui l'accompagne. C'est certainement la folie de Mathieu, sa désorganisation qui est à l’œuvre mais elle semble ici trouver comme un écho favorable et amplifiant. Cette hypothèse avérée, la curatrice passera plus tard le relais.

Deux axes de travail vont se dessiner pour moi précisément.

- D'une part des actions dirigées directement vers Mathieu : avec le recul, cet accompagnement premier me fait penser à du maternage. J'ai pris soin de lui, de ses conditions de vie très matérielles. Un lit neuf tout d'abord puis je me suis assurée qu'il se nourrissait correctement, j'ai veillé à son habillement puis son appartement a pu être nettoyé, repeint avec la collaboration du propriétaire, l'intervention d'une aide ménagère, tout cela a pris plus d'un an ½ avec chaque fois l'accord et la participation de Mathieu. Je lui ai beaucoup parlé, nommant mes interventions, désignant les choses qui n'allaient pas.

Il a toujours été présent aux rendez-vous hebdomadaires et réguliers.

- D'autre part et simultanément je suis intervenue auprès de l'environnement de Mathieu. Il me semblait que ceux qui l'entouraient s'organisaient en miroir à son propre morcellement. Les liens n'étaient pas établis.

La relation chargée d'affects tellement négatifs avec sa curatrice n'a pu évoluer favorablement.

Malgré elle, elle devenait persécutrice (ex: il n'allait pas au CAT car il ne dormait pas, lit cassé, conditions de vie -> il n'avait pas d'argent -> elle ne lui reversait pas suffisamment d'argent de poche -* il n'allait pas au travail et pour l'embêter faisait tourner à fond son chauffage, partait n'importe où en train sans billet et devait payer des amendes etc. ) c'était le cercle infernal.

La folie des autres, de ceux que nous accompagnons, particulièrement, peut nous contaminer, résonner en nous, et inconsciemment au lieu de la contenir, nous l'amplifions et elle nous submerge. Il faut alors pouvoir passer des relais.

Mathieu a pu établir un autre rapport avec la personne qui gère aujourd'hui son argent. Il se sent respecté, associé ; des rencontres mensuelles ont lieu. De même que pour les autres domaines, c'est une évolution qui s'est déroulée dans le temps.

Mathieu a eu les preuves d'un réel intérêt pour lui et la confiance s'est établie au fur et à mesure, malgré les frustrations inévitables qui vont de pair avec la gestion, la confrontation au réel.

Les conditions dans lesquelles il vivait semblaient confirmer sa désorganisation intérieure, le chaos, dans une spirale infinie. Pointer, nommer, désigner la violence de la situation matérielle et donner à Mathieu les moyens de la transformer a permis que s'opère peu à peu un décollage, une distanciation et une fois rompue l'égalité réalité = persécution, un champ transitionnel a pu commencer à se dessiner et s'ouvrir.

Au CAT, Mathieu ne s'y rendait qu’ épisodiquement et à bout de patience le directeur envisageait un renvoi. Au fil du temps, ensemble, avec Mathieu et l'équipe du CAT, nous avons décortiqué la situation, la raison des absences des lundis, par exemple, après un week-end de misère, de solitude, passé sur son lit, la radio et la télé à fond, à fumer cigarette sur cigarette.

Des peurs ont été nommées, celle de la rue, de la circulation, des gens... des mots, des représentations mis sur cette absence qui devient donc « entendable », compréhensible, qui ne rime plus avec inexistence...

Un cadre est instauré, Mathieu doit appeler le CAT lorsqu'il ne vient pas, je demande moi- même à être informée de ses absences par le CAT. En 6 mois le rapport absence- présence s'inverse. Deux ans plus tard les absences injustifiées sont rarissimes.

Le travail avec l'équipe du CAT a permis de fournir à Mathieu des vrais repères, avec des règles, un balisage de l'espace, du temps, la création d'un espace où se structure une frontière qui sépare le dedans du dehors, où des représentations sont possibles, dans tous les cas, qui a l'effet d'atténuer fortement le vécu persécuteur et les angoisses qui l'accompagnent.

Des conflits ont pu être élaborés sur le lieu même de travail, puis petit à petit des projets, se réalisent (changement d'atelier etc. ).

Aujourd'hui Mathieu, encouragé par les différentes équipes qui le soutiennent, élabore le projet d'un CAT avec structure d'hébergement dans un autre département pour le rapprocher de sa famille d'accueil dont je parlerai un peu plus loin.

J'ai également établi une relation avec l'équipe soignante du CMP qui était à l'origine de la demande du SAVS pour Mathieu. Connaître les intervenants et en être connue dans l'idée que nos actions puissent s'articuler.

Mathieu a toujours été informé des rencontres et y a été présent quelquefois lorsqu'elles le concernaient directement suite a une hospitalisation ou un nouveau projet.

Malgré les difficultés liées à l'important turn over du personnel (médecin - infirmier) je me suis efforcée d'introduire une continuité dans nos échanges qui me semblent incarner la possible négociation - compatibilité et séparation à la fois entre le champ psychique et le champ de la réalité et on sait que chez la personne psychotique cette séparation n'est fondamentalement pas établie.

Grâce a ces liens, travaillés, élaborés, nommés, on peut penser qu'au cours de ces années Mathieu a pu expérimenter un certain sentiment de « continuité d'être » (comme le définit Winnicot).

Mathieu, à la fin de la première année d'accompagnement évoque souvent son isolement. Il en appelle à des prénoms de femme, Angéla, Audrey... avec qui il raconte qu'il a passé le week-end à Annecy, Aix-en- Provence, en boîte, au restaurant etc. Mais Noël approche et il ne veut pas le passer seul, il parle de famille d'accueil...

Par un réseau extra professionnel, je trouve une famille d'accueil chez qui il se rend régulièrement depuis octobre 2001. Une vraie relation s'est construite au cours de ces années (il s'y rend un week-end par mois) dont il est acteur à part entière.

C'est dans une ferme, il s'y sent bien, c'est un lieu où on le respecte et où il lui est demandé du respect (ex : pas de propos violent à table en présence des enfants mais disponibilité d'un adulte pour un moment privilégié avec lui dans la journée). Il peut s'exprimer dans un cadre sécurisant.

Il prend peu à peu de l'autonomie, se rend seul en ville en bus par exemple, chose qui n'était pas envisageable dans les premiers temps.

C'est pour se rapprocher de cette famille qu'il projette aujourd'hui de changer de

région et de CAT.

La relation qui s'établit avec Mathieu lui devient un véritable repère et appui. Nous avons construit

beaucoup de choses ensemble . En 2003, je profite de l'arrivée d'un collègue sur le secteur pour commencer à préparer un relais. Mathieu a décidé d'arrêter de fumer et je l'ai mis en lien avec une tabacologue de l'hôpital, mon collègue prend en charge cet aspect de l'accompagnement. Avec des rendez-vous réguliers, des récidives,

des hauts et des bas, du temps, Mathieu a fêté le deuxième anniversaire de son arrêt de la cigarette.

Conclusion

Le SAVS a tout à fait sa place auprès de Mathieu dans le rétablissement des liens sociaux, humains et la circulation des échanges entre les différents acteurs.

C'est la qualité de continuité de la relation établie avec lui qui garantit son évolution et l'inscrit dans le temps.

Si on nous demande demain un travail à la mission, des interventions ponctuelles, limitées à l'avance, parcellisées, on peut craindre que des personnalités comme celle de Mathieu n'explosent.

Loin de rétablir du lien social introjectable nous ne ferons que renforcer la pathologie comme on l'a vu dans la situation initiale de Mathieu.

A la fin de l'entretien où je lui demandais l'autorisation d'intervenir aujourd'hui, il m'a confié qu'Audrey et Angéla étaient imaginaires.

J'ai reçu cette confidence comme un cadeau, je lui ai répondu que c'est ainsi que les romanciers inventaient des personnages et les faisaient vivre dans nos imaginaires.

C'est la petite lueur perçue lors de notre première rencontre qui a été mon fil conducteur, c'est la vie que j'ai perçue en lui, au-delà de la folie, que je n'ai cessé d'accompagner.

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