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« Conversation avec un à-dos-naissant »

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Nicolas Scherlin

jeudi 18 août 2005

Qu’est-ce qu’un adolescent ?

Un enfant qui a trop grandi : Des bras démesurés, des jambes filiformes, un corps qui semble vouloir affirmer sa sexualité.

A quoi ça sert ? Qu’est-ce que je deviens sans même l’avoir demandé ? En tout cas, je ne suis plus l’enfant tant désiré de papa et maman qui me regardent à peine. Parfois avec peine… De perdre aussi l’enfant. J’intéresse si peu, que j’ai l’impression d’être transparent. Mais oui ! Je suis bien « trans-parent » ! C’est insupportable ! J’aurai bien envie de crier que j’existe encore moi : L’enfant ! Je ne suis pas mort ! Alors je mets tout en place pour que l’on me « re-garde » comme avant… Malgré Ca n’y fait rien : Rien se défait. La magie a disparu… Et cela : C’est presque mort en Moi.

Alors, les adultes trouvent à dire : « Ah ! Il devient adolescent… C’est un ado quoi ! »

Bien sur que je suis « à-dos » ! Comment ne pas tourner le dos à l’adulte pour ne pas perdre l’enfant ? Moi l’à-dos, pouvez-vous seulement me regarder en face ? M’expliquer qui je suis, qui je deviens sans même en avoir peur ?

« C’est l’âge bête… »

Suis-je un monstre ?...

Je suis en train de me « trans-former. » Pour cela, j’aurai besoin de m’ « ado sait à l’adulte… »

Mais comment être face à face avec un à-dos... Comment accepter l’enfant qu’il n’est plus, l’adulte qu’il n’est pas ? L’adolescent est bien un mutant malgré lui qui se réfugie dans le mutisme et attend de voir venir…

Tantôt à corps et à cris, parfois dans le silence… Il grandit ne sachant pourquoi, pour qui… Son sentiment d’éternité est confronté au réel et se dirige vers une ascension à la maturité mortifère. La pensée est envahie par des questions existentielles : « A quoi bon vivre puisque rien ne reste, avalé par le temps… »

L’innocence, le non-savoir sont un paradis perdu. Il était bercé dans sa naïveté de celui qui ignore la fin de l’histoire… Les instances pédagogiques sont des projections faciles qui ne résistent pas aux maux. Ce sentiment de « père-sécution » qui nous arrache à la douceur enfantine doit trouver sa source dans le concret. Il est alors l’objet de tout « re-proche. »

Rien ne laisserait penser l’enfant, qu’un jour il deviendrait l’ « à-dos-laissant » place à l’adulte pour de nouveaux enfants.

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